« Le sommeil n’est pas un lieu sûr » – Jean Cocteau [Spécial Halloween]

Hello,

Après un temps d’absence non négligeable et quelques réflexions quant au contenu de ce blog, je reviens avec un article littéraire, car mon site va prendre une tournure livresque. Il est vrai qu’à l’origine je souhaitais parler de tout ce que j’aimais mais pour l’instant j’ai envie de me consacrer aux nombreuses lectures que j’effectue et à l’envie de partager mes avis.

Bien entendu, cela ne m’empêchera pas de revenir sur des articles de jeux vidéo ou de cuisine, si un gros coup de cœur m’oblige à écrire sur autre chose.

Afin de recommencer à écrire sur ce blog, j’ai choisi la période de Samhain, qui est dans la culture païenne, une période de renouveau, de renouvellement et de changement. C’est la fête la plus importante de l’année et elle annonce un nouveau départ. Parfait pour moi donc ! Fin du mois d’octobre, début du mois de novembre revient à dire Halloween, citrouilles, films d’horreur mais surtout livres !

En effet, cette année pour mon Halloween littéraire, mon choix s’est porté sur trois ouvrages : Spirale de Junji Itō, Les Mystères de la forêt d’Ann Radcliffe et Carmilla de Sheridan Le Fanu (3 tailles et 3 éditions différentes).

article-halloween


Je vais donc commencer avec le premier que j’ai terminé qui est Spirale. Depuis très peu (vraiment très peu, c’est-à-dire 15 jours je pense), je m’intéresse enfin à la lecture de mangas (pour les animés je pense que cela viendra après). Pour Halloween, j’ai choisi de m’attaquer à Junji Itō , mangaka d’horreur et maître en la matière.

L’histoire se déroule dans la ville japonaise de Kurouzu, où l’on suit Kirié Goshima, jeune lycéenne qui nous fait part de son témoignage autour des événements qui vont se dérouler dans sa ville. Kirié a un petit copain, Shuichi Saito, qui va petit à petit rejeter et détester la ville de Kurouzu. Le père de Shuichi, quant à lui, va se mettre à développer une passion étrange pour tout ce qui touche de près ou de loin aux spirales, aux formes de spirale. Ce symbole va hypnotiser le père de Shuichi, puis Shuichi lui-même, obsession synonyme de malédiction.

spirale-kirie

Alors pour le coup, je trouve que j’ai vraiment commencé fort parce que si vous souhaitez être dérangé, mal à l’aise voire même dégoûté, ce manga est fait pour vous. Je ne connaissais pas du tout Junji Itō, je sais seulement que Spirale est sa première œuvre. Ce manga est d’abord paru en trois tomes et l’édition que je possède est l’intégrale. Je ne doute pas que ses autres ouvrages soient aussi cauchemardesques parce que dans Spirale, je trouve qu’on est dans un mélange de Lovecraft (scénario, déroulement de l’histoire) et de Miyazaki (dessins). L’héroïne est vraiment intéressante car on peut très bien s’identifier à elle : elle a peur, elle a du sang-froid et du courage, elle reste présente pour son petit copain qui devient de plus en plus compliqué à gérer, pour sa famille, et ne cherche pas à fuir la ville immédiatement. Sans tenter de vraiment comprendre ce qu’il se passe, elle reste lucide et ne se méprend pas quant à l’évolution de sa ville et des phénomènes qui se produisent.

spirale

Au fur et à mesure de ma lecture, je voyais et je vois autrement le symbole de la spirale et aujourd’hui, je peux vous dire que je ne verrai plus jamais un escargot de la même manière (je n’en dirai pas plus !). Le choix de l’auteur pour ce symbole est incroyable car on en viendrait même à comprendre pourquoi certains personnages de Spirale développent une obsession pour cette forme. Je recommande à 100% cet ouvrage, car d’un point de vue scénaristique, l’intrigue nous tient en haleine jusqu’au bout, j’ai dévoré les pages de ce manga. Plus on avance dans l’ouvrage, plus l’horreur se fait présente. Les illustrations sont superbes et l’édition intégrale (Delcourt Tonkam) est magnifique et à posséder dans sa bibliothèque ! Aucun mauvais point pour cette première lecture de manga et je recommande vivement, chaudement et sincèrement 🙂


Ma deuxième lecture d’Halloween est un roman gothique, genre littéraire qui colle parfaitement à la période. J’ai choisi Les Mystères de la forêt car l’année dernière à la même époque j’ai lu Les Mystères d’Udolphe du même auteur que j’ai littéralement adoré. Cependant, c’est moins le cas avec Les Mystères de la forêt et je vais vous expliquer ensuite pourquoi.

Ann Radcliffe est une écrivaine anglaise du XVIIIe / XIXe siècle et qui finalement n’a pas tant de romans que cela à son actif. Enfin, je dis ça mais si j’écris déjà cinq livres dans ma vie ce sera bien. Romancière gothique, elle écrit sur des jeunes filles souvent seules qui vivent des aventures tristes, difficiles mais qui terminent souvent bien dans des lieux gothiques à souhait tels que des châteaux sinistres abandonnés dans la montagne, ou des abbayes en ruine au cœur de la forêt.

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C’est dans ce dernier lieu que se déroule essentiellement Les Mystères de la forêt (soi dit en passant, ils ne se sont pas foulés pour la traduction des titres de ses ouvrages car le titre anglais est The Romance of the Forest et sa traduction littérale aurait pu se distinguer des Mystères d’Udolphe). Pierre de la Motte fuit Paris en carrosse avec sa femme en pleine nuit car celui-ci est criblé de dettes et doit être arrêté. Il espère réussir à trouver refuge à l’étranger avant que les autorités ne le rattrapent. Lors d’une de leurs escales nocturnes, Pierre de la Motte va découvrir une vieille maison où il souhaite passer la nuit mais celle-ci est déjà occupée par des bandits qui retiennent prisonnière une jeune fille, Adeline. Pierre de la Motte, très peureux et peu courageux, n’a le choix que d’accepter de fuir avec cette jeune prisonnière pour débarrasser les bandits. Adeline, apeurée, ne réussit pas à leur révéler immédiatement la cause de son malheur et fuit avec le couple dans une abbaye abandonnée et en ruines dans une forêt française où l’on raconte qu’une personne y a été tuée…

Pour ma part, je me suis jetée sur ce livre cette année car après ma lecture de l’année dernière je ne pouvais pas être déçue de cet ouvrage. The Romance of the Forest a été publié en 1791 et avant Les Mystères d’Udolphe (1794) mais c’est ce dernier qui aujourd’hui définit Ann Radcliffe. Alors malheureusement pour moi, je n’ai pas autant apprécié Les Mystères de la forêt que ceux d’Udolphe. En fait, je m’attendais à un scénario forcément différent avec une ambiance tout aussi inquiétante. D’une part, j’ai été déçue parce que j’avais l’impression de relire Les Mystères d’Udolphe avec un lieu et des noms de personnages différents. En effet, on retrouve la jeune fille sans famille et sans amis, le personnage qui prend cette jeune fille sous son aile mais qui est égoïste donc qui ne fait pas les bons choix, le méchant riche qui veut posséder la jeune fille, le bel homme amoureux de la jeune fille et le valet qui répand les rumeurs de fantômes. Non pas que je n’aime pas ces histoires, bien au contraire, puisque j’ai adoré Les Mystères d’Udolphe, mais je pense qu’en lire un des deux est suffisant. Je n’ai pas eu de mal à le lire ou à le terminer, c’est simplement que c’était très répétitif et je misais beaucoup sur cet ouvrage et j’ai eu l’impression de lire une copie de celui que j’ai pu lire l’année dernière. Peut-être que si j’avais commencé par Les Mystères de la forêt, mon avis aurait été différent concernant Les Mystères d’Udolphe, mais c’est comme cela. J’aurais pu évoqué et faire part de mon avis sur ce dernier mais j’ai décidé de parler des trois ouvrages que j’avais décidé de lire pour cette année.

En conclusion, si vous aimez énormément ce genre de romans, lisez les deux, sinon n’en choisissez qu’un, à vous de voir si vous préférez l’Italie et les châteaux lugubres dans la montagne ou la France et une abbaye en ruines dans la forêt. J’ai préféré l’Italie 🙂


Enfin, le dernier ouvrage : Carmilla de Sheridan Le Fanu. Ce livre est très court, environ 120 pages donc il se lit très rapidement, en une après-midi voire en une heure c’est réglé. Roman fantastique, gothique et vampirique, il réunit tous les codes d’Halloween. Classique de 1872, l’auteur est un précurseur de Bram Stoker avec Dracula (ce n’est pas n’importe qui !).

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Je décide de vous remettre le résumé de mon édition (Livre de Poche) car je le trouve très bien et comme l’ouvrage est mince, je n’ai pas envie de trop en révéler : Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive. Lorsque surgit d’un attelage accidenté la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l’héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu’une inquiétante torpeur s’empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla…

Bon, clairement, c’est une histoire de vampires, ce n’est pas un spoil. C’est le déroulement et la conclusion de l’histoire que je ne vous révélerai pas. Forcément efficace, c’est un roman à lire au coin du feu le soir du 31 octobre. Court mais très riche, le personnage de Carmilla est fascinant, sa relation avec l’héroïne Laura, est très ambigüe. Le résumé évoque de la séduction, je parlerais même de passion et beaucoup de sensualité. Je crois que les vampires ont toujours été bon à cela ! D’ailleurs je trouve que cette thématique de séduction voire même de sexualité est très intéressante car l’ouvrage date de la fin du XIXe, et les deux personnages qui s’attirent sont deux femmes et je dis chapeau à Sheridan Le Fanu qui évoque ce thème à une époque où l’homosexualité n’était pas vraiment au goût de la majorité. Après, il est également facile de traduire cet aspect par le fait que le vampire c’est le mal, donc le péché donc l’homosexualité c’est le mal. MAIS, il en parle et même si c’est en bien ou en mal, libre à nous de l’interpréter comme on le souhaite, la thématique est évoquée et c’est remarquable.

Petite parenthèse, je ne sais pas si c’est le cas avec d’autres éditions, mais en tout cas Le Livre de Poche propose au début du livre une filmographie du vampire de 1922 à 1994, que je trouve tout à fait pertinente pour les cinéphiles comme moi. Petit bonus de cette lecture 🙂


C’est la fin de cet article, je reviendrai très prochainement pour un nouvel article littéraire, je ne sais pas encore ce qu’il comportera, mais celui-ci devrait être en ligne dans le courant du mois ! A bientôt 🙂

 

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